Tu es conseiller de direction auprès de dirigeants de PME québécoises. Tu ne connais de ma situation que ce que je te donne dans ce message. DÉCISION EN SUSPENS : [formuler la décision en une seule phrase, sous la forme « faut-il oui ou non... » ou « option A ou option B »] CONTEXTE : - Ce que fait mon entreprise : [activité, taille, clientèle] - Depuis combien de temps je repousse cette décision : [durée] - Ce qui m'empêche réellement de trancher : [dire la vraie raison, même inconfortable] - Ce qui arrive si je ne décide rien d'ici trois mois : [conséquence concrète] - Ce que je perds dans chaque option : [option A, puis option B] TRAVAIL DEMANDÉ, dans cet ordre : 1. Reformule ma décision en une phrase plus précise que la mienne 2. Nomme les trois informations qui me manquent réellement pour trancher 3. Dis-moi lesquelles je peux obtenir cette semaine, et par quel moyen 4. Décris ce que chaque option exige de moi en temps et en argent 5. Termine par la seule question à laquelle je dois répondre en premier CONTRAINTES : ne recommande aucune option tant que je n'ai pas répondu au point 5. N'avance aucune moyenne de secteur, aucun résultat d'étude, aucun chiffre que je ne t'ai pas fourni. Si mon contexte est trop mince sur un point, écris-le au lieu de le combler.
Banque de prompts pour dirigeants
Six prompts de dirigeant prêts à coller, une auto-évaluation de votre pratique, un plan de 30 jours pour bâtir votre banque maison et une grille de relecture.
Vous ouvrez un assistant conversationnel, vous posez votre question, et vous recevez une réponse correcte, polie et parfaitement inutile. Elle aurait pu être écrite pour n’importe quelle entreprise de n’importe quel secteur. Vous refermez l’onglet en concluant que ces outils sont surestimés, et vous retournez à votre journée.
Le problème vient rarement de l’outil. Il vient de ce que vous apportez à la conversation. Un dirigeant possède une matière que personne d’autre ne possède : les chiffres réels de son entreprise, les contraintes qu’il n’écrit nulle part, l’historique des décisions qui ont mal tourné, et la connaissance exacte de ce que son équipe peut absorber ce mois-ci. Tant que cette matière reste dans votre tête, l’assistant travaille à l’aveugle et vous rend une moyenne. Une moyenne ne décide rien.
Cette trousse ne vous livre pas une collection de formules à copier. Elle contient quatre pièces qui se suivent dans l’ordre : vous regardez d’abord comment vous vous servez de l’outil aujourd’hui, vous récupérez ensuite six prompts bâtis pour des décisions de dirigeant, vous suivez un plan pour transformer ces six prompts en banque maison, et vous gardez une grille qui vous évite les deux ou trois erreurs qui coûtent vraiment cher.
Regardez d’abord votre pratique actuelle
Avant de collectionner des prompts, mesurez ce que vous faites déjà. La plupart des dirigeants surestiment la qualité de leurs échanges avec un assistant : ils se souviennent des deux fois où le résultat était saisissant et oublient les vingt fois où ils ont recopié une réponse tiède parce qu’ils n’avaient pas le temps de recommencer.
Les douze énoncés qui suivent décrivent des habitudes, pas des ambitions. Répondez selon le mois qui vient de s’écouler, pas selon la méthode que vous comptez adopter. Si vous hésitez entre deux notes, prenez la plus basse : ce résultat ne sera montré à personne, et un score flatteur ne vous apprend rien.
Comment vous servez-vous vraiment de l'IA ?
Auto-évaluationDouze énoncés, quatre minutes. Notez la fréquence réelle de chaque geste, pas celle que vous visez.
0 = jamais · 1 = parfois · 2 = souvent · 3 = systématiquement
Six prompts bâtis pour des décisions de dirigeant
Les prompts qui circulent sont presque tous conçus pour produire quelque chose : un texte, un plan, une liste. Ceux qui suivent sont conçus pour vous aider à décider, ce qui est un travail différent. Un bon prompt de dirigeant doit avoir le droit de vous dire qu’il manque d’information, de contredire votre point de départ, et de refuser de conclure.
Ils suivent tous le même ordre : le rôle que doit tenir l’assistant, le contexte que vous êtes seul à détenir, l’objectif réel, la structure attendue, puis les interdictions. Cet ordre compte. Les contraintes placées à la fin sont mieux respectées que celles glissées au milieu d’un paragraphe. Gardez cette architecture quand vous écrirez les vôtres, et changez seulement le contenu.
Une interdiction revient dans chacun d’eux : ne pas combler un trou. Un modèle de langage préfère une phrase crédible à un silence, et un dirigeant qui prend une décision sur une donnée inventée paiera cette erreur bien après avoir oublié d’où elle venait. Ce qui est entre crochets vient de vos documents et de vos chiffres, pas de votre souvenir approximatif de la semaine dernière.
Vos six prompts de dirigeant
PromptsRemplissez les crochets avec vos éléments réels. Un contexte vague produit un conseil vague, et cette mécanique ne souffre aucune exception.
Tu es un associé sceptique, pas un consultant enthousiaste. Ton rôle est de trouver ce qui va casser, pas de m'encourager. IDÉE À ÉPROUVER : [décrire le projet en cinq phrases maximum] CE QUE J'AI DÉJÀ PRÉVU : - Investissement de départ, en dollars canadiens : [montant] - Personnes mobilisées : [qui, et combien d'heures par semaine] - Délai avant les premiers résultats : [durée] - Ce qui doit être vrai pour que ça fonctionne : [une hypothèse par ligne] ATTAQUE mon idée ainsi : 1. Liste mes hypothèses implicites, celles que je n'ai pas écrites 2. Classe-les de la plus fragile à la plus solide 3. Pour les trois plus fragiles, décris comment je peux les vérifier en deux semaines et pour un coût minime 4. Raconte le scénario d'échec le plus probable, en cinq lignes 5. Nomme le signal qui devrait me faire arrêter, et la date à laquelle je devrais aller le regarder CONTRAINTES : aucune formule d'encouragement, aucune conclusion positive de politesse. Si tu ne trouves pas de faille sérieuse sur un point, dis-le franchement plutôt que d'en fabriquer une pour remplir la liste.
Tu es directeur des opérations dans une PME québécoise. Tu travailles uniquement à partir des éléments que je te fournis. CE QUI S'EST PASSÉ LE TRIMESTRE DERNIER : - Ce que nous avions annoncé : [liste] - Ce qui a réellement été livré : [liste] - Ce qui a été abandonné en cours de route : [liste, avec la raison] - Les trois irritants nommés par mon équipe : [les recopier dans leurs mots] - Ce qui a occupé mon temps sans avoir été prévu : [décrire] TRAVAIL DEMANDÉ : 1. Décris l'écart entre ce qui était annoncé et ce qui a été livré, puis propose deux explications possibles de cet écart 2. Sépare ce qui a échoué par manque de temps de ce qui a échoué par absence de décision 3. Propose trois priorités maximum pour le trimestre qui vient, chacune avec son responsable et sa preuve d'achèvement 4. Nomme ce que je dois arrêter de faire pour que ces trois priorités tiennent 5. Écris la question de contrôle que je poserai chaque mois CONTRAINTES : trois priorités, jamais quatre. Si mes éléments ne suffisent pas pour trancher, pose-moi les questions manquantes avant de proposer quoi que ce soit. N'ajoute aucun objectif chiffré que je ne t'ai pas donné.
Tu es acheteur d'expérience pour une PME. Ton travail est de protéger mon argent et ma marge de manœuvre. PROPOSITION REÇUE : [coller le texte de la proposition, ou la décrire poste par poste] MON CONTEXTE : - Le problème que je cherche à régler : [en une phrase] - Ce que je fais aujourd'hui sans ce fournisseur : [décrire] - Mon budget annuel pour ce poste, en dollars canadiens : [montant] - Qui utilisera la solution au quotidien : [rôles et niveau d'aisance] - Ce que je ne peux pas me permettre de perdre : [données, disponibilité, autonomie, autre] ANALYSE DEMANDÉE : 1. Reformule ce que je reçois exactement, et surtout ce que je ne reçois pas 2. Repère les coûts absents du prix affiché : mise en place, formation, migration, temps de mon équipe 3. Relève les engagements formulés de façon vague et récris-les en engagements vérifiables 4. Explique comment je sors de ce contrat dans un an si ça ne fonctionne pas, et ce que cette sortie me coûterait 5. Donne-moi les huit questions à poser au fournisseur avant de signer CONTRAINTES : n'invente aucune clause qui ne figure pas dans le texte que je te donne. Ne compare pas ce fournisseur à d'autres que tu crois connaître. Signale explicitement les endroits où la proposition reste muette.
Tu es rédacteur de procédures. Tu poses des questions, tu ne devines rien. TÂCHE À DOCUMENTER : [nommer la tâche que je suis le seul à savoir faire] MÉTHODE : interroge-moi une question à la fois, attends ma réponse, puis enchaîne. Couvre dans cet ordre : ce qui déclenche la tâche, les accès et les informations nécessaires, chaque geste dans l'ordre réel, les décisions que je prends au passage et selon quel critère, les erreurs que j'ai déjà commises, et la façon de vérifier que le travail est bien fait. Quand tu estimes avoir assez de matière, produis : 1. Une procédure numérotée qu'une personne compétente mais nouvelle peut suivre seule 2. La liste des accès et des outils à lui donner avant qu'elle commence 3. Les trois endroits où elle risque de se tromper, avec le signe qui l'alertera 4. Les deux situations où elle doit s'arrêter et venir me voir 5. Le temps que la tâche devrait lui prendre les premières fois CONTRAINTES : n'ajoute aucune étape que je n'ai pas décrite. Si ma réponse est floue, redemande au lieu de compléter. Une procédure à moitié inventée est plus dangereuse que pas de procédure du tout.
Tu es dirigeant de PME et tu écris toi-même à ton équipe. Français du Québec, vouvoiement, ton direct, aucune formule creuse. DÉCISION À ANNONCER : [décrire la décision en trois phrases] CONTEXTE HONNÊTE : - Pourquoi cette décision a été prise : [la vraie raison] - Ce que j'ai envisagé avant d'en arriver là : [options écartées] - Ce qui change concrètement pour les personnes concernées : [détailler] - Ce qui ne change pas : [détailler] - Ce que je ne peux pas dire pour l'instant, et pourquoi : [décrire] RÉDIGE un message de 250 à 300 mots qui : 1. annonce la décision dans les deux premières phrases, sans préambule 2. donne la raison réelle, dans mes mots 3. dit ce qui change et ce qui ne change pas, point par point 4. reconnaît ce que la décision coûte aux personnes concernées 5. indique quand et comment elles pourront poser leurs questions CONTRAINTES : aucun vocabulaire de gestion importé, aucune promesse que je n'ai pas formulée, aucune tentative de rendre la nouvelle agréable. Si un passage sonne comme un communiqué, réécris-le plus simplement.
Servez-vous en une première fois sur un dossier réel, pas sur un cas imaginaire. Un prompt rempli avec un exemple inventé produit une réponse convaincante et sans valeur, et vous repartirez avec une fausse impression de son utilité.
Quand le résultat vous déçoit, ne réécrivez pas la formulation tout de suite. Relisez plutôt ce que vous avez mis entre les crochets. Si vous y trouvez « bonne rentabilité » ou « équipe motivée », vous tenez déjà l’explication. Remplacez ces formules par un fait daté et vérifiable, et la réponse change de nature sans que vous ayez touché au prompt.
Transformez ces six prompts en banque maison
Six prompts empruntés valent mieux que rien, mais ils ne décrivent pas votre entreprise. Votre vraie banque contiendra trois ou quatre prompts que vous aurez écrits vous-même, éprouvés sur des cas réels, et rangés là où votre équipe peut les reprendre. C’est peu, et c’est suffisant.
Le plan qui suit tient en un mois. Il ne demande aucun budget, aucun outil supplémentaire, et environ vingt minutes par semaine. Ne passez pas à la phase suivante tant que la précédente n’a pas produit quelque chose d’écrit.
Un mois pour bâtir votre banque
Feuille de routeTrois phases de dix jours. L'objectif n'est pas d'accumuler des prompts, mais d'en avoir trois qui fonctionnent chez vous.
- Noter en une ligne, chaque fois que vous ouvrez un assistant, ce que vous lui demandiez
- Conserver dans un même document les échanges dont le résultat vous a réellement servi
- Noter aussi les échanges abandonnés, avec la raison de l’abandon
- Relever les trois demandes qui reviennent le plus souvent dans vos notes
- Choisir une seule de ces trois demandes pour la phase suivante
- Réécrire cette demande selon l’ordre rôle, contexte, objectif, structure, interdictions
- L’utiliser sur trois cas réels différents, pas sur des exemples fabriqués
- Corriger le prompt après chaque essai plutôt que de retoucher le résultat
- Faire tester la version corrigée par une autre personne, sans lui expliquer votre intention
- Ranger la version finale dans un endroit partagé, avec sa date de dernière modification
- Écrire la liste nominative de ce qui ne doit jamais être collé dans un assistant
- Décider qui relit quoi avant qu’un texte produit avec l’IA sorte de l’entreprise
- Former une deuxième personne à utiliser vos prompts, en la regardant faire
- Inscrire au calendrier une revue trimestrielle de la banque
- Reprendre la récolte avec la deuxième demande la plus fréquente de votre liste
La relecture qui vous évite les dégâts
Un texte produit par une IA se reconnaît rarement à son style. Il se reconnaît à un détail faux : un montant approximatif, une réglementation qui n’existe pas sous cette forme, un concurrent décrit avec assurance et à côté de la plaque. Ces détails passent d’autant mieux qu’ils sont formulés avec aplomb, et c’est exactement ce qui les rend coûteux dans une décision de dirigeant.
La grille suivante demande moins d’une minute une fois l’habitude prise. Votre progression reste dans votre navigateur, vous pouvez donc la reprendre plus tard.
Douze points avant, pendant et après
GrilleTrois moments, douze points. Les quatre premiers se règlent avant même d'ouvrir l'outil.
Avant d'ouvrir l'assistant
Avant de croire le résultat
Avant que ça sorte de votre bureau
Ce que cette trousse ne fait pas
Elle ne vous promet aucune heure économisée. Vous verrez circuler des chiffres spectaculaires sur le temps que l’IA fait gagner aux dirigeants. Aucun ne décrit votre semaine, votre secteur ni votre façon de travailler. Le seul chiffre qui vous servira est celui que vous mesurerez vous-même, en comparant une tâche faite à votre manière habituelle à la même tâche faite avec un de ces prompts.
Elle ne choisit pas votre outil. Ces prompts fonctionnent avec n’importe quel assistant conversationnel courant, et rien ici ne vous engage envers un fournisseur. Le choix dépend de ce que votre équipe utilise déjà et de vos exigences sur l’hébergement des données, deux questions que cette trousse ne tranche pas.
Elle ne vous met pas en conformité. Les règles québécoises sur la protection des renseignements personnels encadrent ce que vous pouvez faire des données de vos clients et de vos employés, y compris lorsque vous les collez dans un outil externe. Avant de transmettre la moindre information identifiante à un assistant, faites valider votre pratique par une personne compétente.
Elle ne décide rien à votre place, et c’est voulu. Un prompt bien construit vous rend vos angles morts, vos hypothèses non écrites et les questions que vous évitiez. Ce qu’il fait de mieux, c’est vous obliger à formuler ce que vous saviez déjà confusément. La décision, elle, reste entièrement la vôtre, avec les informations que vous êtes le seul à détenir.